Comment voyager seule ?

Comment voyager seule (1/4) : partir seule ou accompagnée ?

16 septembre 2016

Partie 1 : partir seule ou accompagnée ?

C’est l’une des questions les plus souvent posées par les voyageuses que je rencontre ou avec lesquelles je discute : Est-ce que je devrais partir seule ? Avec, bien évidemment, toutes les autres questions qui en découlent : Est-ce dangereux de voyager seule ? Comment se lancer et rassurer ses proches ? Quelles précautions prendre ? Que faut-il faire ou ne pas faire en solo ? (j’essayerais de répondre à celles-ci dans un autre article).

Quand je suis partie seule en 2011 (j’avais alors 20 ans et n’avais jamais voyagé), bizarrement, toutes ces questions ne m’avaient pas du tout traversé l’esprit. Par contre, j’ai dû y répondre un bon paquet de fois. J’ai même eu le droit à un sublime : « Et tes parents, ils te laissent faire ? ». Euh… Comment dire. Ma mère avait d’ailleurs trouvé la réponse parfaite : « Tu veux que je fasse quoi ? Je ne vais pas brûler ton passeport ».

La décision de partir seule ou accompagnée ne doit pas se prendre à la légère car ce sont deux façons de voyager complètement différentes. Je vais donc essayer d’apporter quelques éléments de réponse ici, mais il faut bien garder à l’esprit que nous sommes toutes différentes (si, promis) et que ce qui peut convenir à l’une ne va pas forcément fonctionner pour une autre.

Partir seule pour rencontrer du monde

En étant seule, on rencontre beaucoup plus de monde. Je n’ai pas calculé le ratio, mais ça ne doit pas être loin du simple au triple (mon côté raisonnable m’empêche d’écrire quadruple, mais ça y ressemble bien). Une voyageuse seule attire plus facilement les nouvelles rencontres, que ce soit pour demander de l’aide ou pour discuter au détour d’une visite ou d’un trajet en commun (je vous rassure, ça marche aussi pour les voyageurs au masculin).

Durant mes deux mois en Chine, j’étais en quasi permanence avec des gens différents et j’ai pu rencontrer des personnes du monde entier (Allemagne, Australie, États-Unis…). En plus du pays dans lequel je me trouvais, j’ai pu découvrir d’autres cultures, de nouveaux lieux à visiter ou, pour certain(e)s, créer une véritable amitié durable.

J’ai dû me retrouver en solitaire peut-être une soirée, et ça m’a finalement permis de commencer mon journal de bord.

Vivre (et revivre) les galères à plusieurs

Un voyage n’est pas un vrai voyage sans galères. Et dans ces cas-là, une bonne dose de stress s’envole quand on est accompagnée. Lorsque je suis retournée en Asie avec Michaël, c’était vraiment une autre expérience : toujours une personne pour m’accompagner et donner son avis. À deux (ou plus), on trouve les solutions plus facilement. Et c’est plus facile d’attendre 6 h de bus dans une gare en pleine nuit.

Quand tu es seule, ce sont des moments que tu subis. La fois où je me suis retrouvée en pleine campagne, à 21h et sans hôtel, j’aurais aimé avoir quelqu’un qui me disait « allez on va s’en sortir ». Aujourd’hui, j’en rigole (beaucoup moins sur le coup), mais finalement, je n’ai personne avec qui me rappeler ces moments. Alors qu’il arrive souvent, avec Michaël, que l’un d’entre nous partage un souvenir (« comme en Thaïlande, tu sais, le restaurant bizarre là ! ») et c’est un plaisir de savoir que l’autre, en face, a vécu exactement la même chose.

Tu as beau raconter ton périple et en donner tous les détails, malgré ce qu’on te dira, personne ne pourra comprendre ce que tu as vécu. En plus de ça, tout le monde n’apprécie pas toujours d’entendre répéter encore les mêmes histoires et les mêmes anecdotes. Il y a des moments qu’il vaut mieux garder pour soi.

Composer avec ses envies

Finalement, la décision de partir seule ou accompagnée peut se prendre en répondant à une simple question : aurais-je envie de faire des compromis / des concessions ?

En solitaire, c’est l’indépendance totale. Changement de plans, journées à ne rien faire, tout est possible. C’est certainement LE gros avantage à partir seule.

A contrario, partir en groupe, ça permet de faire des choses auxquelles on n’aurait pas forcément pensé : bonjour les nouvelles expériences (la location de scooter à Ayutthaya ? Seule, ça ne m’aurait jamais traversé l’esprit). Par contre, c’est aussi l’obligation de composer avec les envies et le rythme de chacun. L’autre n’a pas nécessairement envie de se lever à 7h le jour où tu as une soudaine motivation, ni d’aller à la plage ou de faire une randonnée de 3 heures pile le même jour que toi. Et puis, chacun a ses envies propres (on en reparle, du scooter ?).

Bon, dans tout ça, je ne parle pas des économies d’argent (partage de chambre, de taxi, négociation…). Ni du fait qu’il soit très difficile de se prendre en photo soi-même (non, la perche à selfie ne fait pas tout).

Pour finir, ce sont deux expériences totalement incomparables tant elles sont différentes sur tous les aspects. Les deux ne demandent pas la même énergie et n’apportent absolument pas la même chose. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise raison pour partir seule ou accompagnée. A chacune de voir ce qu’elle part chercher.

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