Conseils et réflexions

Comment prendre l’avion quand on est claustrophobe

21 décembre 2016

Depuis que je suis claustrophobe (et agoraphobe – oui, généralement, ça va avec), les transports en commun (et, plus particulièrement, prendre l’avion) sont une véritable épreuve. À force, j’ai réussi à trouver une routine, des astuces, qui me permettent de voyager plus sereinement. Aujourd’hui, je vous offre un article un peu plus technique, pour, peut-être, aider certains d’entre vous à voyager à nouveau 👍

Qu’est-ce que la claustrophobie (et pourquoi est-elle liée à l’agoraphobie) ?

La bonne nouvelle, c’est qu’on ne naît pas phobique. Voilà, c’était certainement la seule information joyeuse de cet article.

En théorie, et si j’en crois le Larousse, la claustrophobie est la peur des espaces clos. L’agoraphobie, quant à elle, est la peur des espaces découverts et des lieux publics. En pratique, c’est surtout la peur de la fréquentation des lieux publics, des endroits dont on ne peut pas s’échapper ou être secouru en cas de problème (foule, concert, embouteillages dans les tunnels du métro…). Dans les deux cas, il y a cette sensation d’enfermement, ce qui explique que ces peurs vont souvent ensemble…

Quand ma claustrophobie s’est réveillée (oui, elle était déjà là, tapie au fond, à guetter le bon moment pour sortir), j’avais déjà réservé un voyage à Lisbonne avec ma famille. La voiture, le bus, le RER, tout était déjà une torture, et voilà qu’en plus je m’imposais de prendre l’avion. J’ai donc dû trouver une solution d’urgence, qui était loin d’être adaptée (et qui n’était, en fait, même pas une solution) : les médicaments. Je me suis bourrée d’anxiolytiques, comme je faisais chaque matin pour pouvoir aller travailler.

Ne nous trompons pas : les anxiolytiques n’effacent pas la peur, mais en amoindrissent les symptômes. J’ai donc pu passer 2 heures inoubliables, à hésiter entre pleurer, vomir ou faire un malaise, mais en priant quand même pour ne pas me faire trop remarquer (ce qui n’aurait rien arrangé).

Et puis, j’ai décidé que j’en avais marre de ce cinéma, et j’ai cherché une solution plus durable.

Conseil n° 1 : comprendre sa phobie et ses symptômes

Lors de mes premières crises de claustrophobie, je ne comprenais pas ce qui pouvait bien m’arriver, ce qui explique que j’aie mis du temps à mettre le doigt sur le bon diagnostic. Hypoglycémie, crises de panique, maladie chronique, tout était bon pour expliquer mes chutes de tension, nausées, tremblements, épuisement… C’est quand j’ai dû sortir d’un train en courant entre deux stations que j’ai trouvé la source de mon problème.

Il faut bien comprendre qu’une phobie est inexplicable, car le phobique lui-même sait que sa peur est illogique et infondée. Un claustrophobe est, le plus souvent, conscient qu’il n’y a ni risque, ni danger pour sa vie quand il est dans un endroit clos. De plus, il n’est pas nécessaire de subir un traumatisme pour être phobique ; il s’agit surtout de prédispositions.

Mais, en résumé, le cerveau, persuadé qu’il y a un danger imminent (et visiblement très grave), va prendre toutes les dispositions nécessaires pour se sortir de cette situation (et ça passe globalement par une préparation intense à la FUITE). Tout est parfaitement expliqué ici, mais je vais essayer de reprendre les symptômes les plus importants et d’y apporter des solutions.

Une crise de panique va passer par les étapes suivantes :

  • Manque d’air / impression de ne pas pouvoir respirer : c’est souvent le premier symptôme, qui déclenche les suivants (réaction en chaîne). Le haut du corps (épaules, nuque) se tend à l’approche d’une situation stressante et donne la sensation de manquer d’air, alors que la respiration continue de façon tout à faire normale,

  • Augmentation du rythme cardiaque : bah oui, on sait jamais, s’il fallait soudainement faire un effort pour sauver sa vie, il vaut mieux que le cœur soit prêt, alors il augmente l’afflux sanguin, ce qui se ressent par une augmentation du rythme cardiaque,

  • Augmentation de la température du corps (et sueurs) : c’est globalement pour la même raison ; dans le cas d’un effort soudain, le corps est tout de suite à la bonne température,

  • Tremblements (souvent localisés aux membres inférieurs) : alors là, on retrouve l’idée de la fuite, en préparant les jambes à l’effort ; on peut voir ça comme un échauffement,

  • Nausées : fuir le ventre plein n’est pas très pratique, alors si nourriture il y a, le cerveau va gentiment essayer de s’en débarrasser le plus rapidement possible, et ça ne passe pas par la digestion…

  • Envie d’aller aux toilettes : on retrouve l’idée de la nausée, mais version intestins / vessie. C’est un peu le frère du caca stress, de son petit surnom. Afin d’être au top de ses capacités, notre cerveau va anticiper (chouette type) et essayer de libérer au plus vite nos sphincters.

 Conseil n° 2 : Lutter contre ses symptômes

Le plus important est d’arrêter la surenchère des symptômes. Aujourd’hui, à force de pratique, j’arrive à stopper l’escalade dès que cette impression de manquer d’air apparaît. Dans tous les cas, mes voyages font toujours l’objet d’une préparation minutieuse et je ne pars jamais sans mon « kit du phobique en avion » :

  • Une bouteille d’eau : obligatoire, j’en ai toujours une avec moi, tous les jours, même en voiture. Quand la sensation de manquer d’air apparait, je bois une gorgée d’eau (pas plus, sinon on remplit inutilement l’estomac) et le passage de l’eau à travers ma gorge me permet de me rassurer sur le bon passage de l’oxygène. Le frais permet aussi de décontracter les muscles de la gorge.

    Passer de l’eau en avion : à 45 € le litre d’eau, on n’a pas forcément de racheter, chaque fois, une bouteille au duty-free. Et bien sachez que les bouteilles vides (même la plus banale, en plastique) passent la sécurité sans aucun problème. Une fois de l’autre côté, il vous suffit soit de trouver une fontaine, soit de la remplir aux toilettes (selon les aéroports, on déconseillera quand même…).

  • De la musique : j’ai trois chansons fétiches, que j’écoute en boucle quand boire de l’eau ne suffit plus (pour moi, ce sont des chansons du groupe Imagine Dragons, je ne sais pas d’où je les sors, mais je ne les écoute qu’à ce moment-là). Elles me permettent de me couper du bruit extérieur, de l’agitation et des questions des proches « tu es sûre que ça va ? » qui sont loin d’arranger la chose.

  • Un sac plastique anti-nausées : dans l’avion, il est fourni, mais il est toujours utile d’en avoir un dans son sac pour les bus, les trains… On le garde sous le coude ou entre les jambes, facilement accessible. Il ne m’a jamais servi, mais c’est rassurant de le savoir là en cas de besoin.

En plus de ça, j’ai toujours un rituel avant de monter en avion :

  • Ne pas manger trop lourd avant (si le vol est proche d’un repas, je ne mange pas, mais je prévois un en-cas pour le vol, après le décollage). Je préfère avoir le ventre qui gargouille qu’un estomac qui ne sait pas trop quoi faire de son contenu,

  • Aller aux toilettes avant le décollage : j’y vais avant de monter dans l’avion et une dernière fois dans l’avion, quand tout le monde est installé, prêt à partir (si je suis près du hublot, j’embête tout le monde, mais c’est un moindre mal),

  • Ne pas trop boire : oui, je sais, j’ai dit de boire. Mais ce n’est pas plus d’une gorgée à chaque fois, on s’humidifie bien la bouche et on referme la bouteille. L’idéal est de partir avec une vessie vide,

  • Des vêtements pas trop serrés : l’estomac ne doit pas être compressé. Si on vole en jean, on détache le premier bouton,

  • Monter en dernier dans l’avion : ça peut sembler évident, mais j’ai mis du temps à réellement le faire. Ça ne sert à rien d’attendre 30 minutes dans l’avion que tout le monde s’installe, c’est une situation de stress inutile. J’attends que tout le monde ait embarqué et je me pointe comme une fleur pour prendre ma place (dans l’idéal, on l’explique aux stewards, généralement ils préviennent quand on peut embarquer) (et on se méfie de la file d’attente invisible : celle qui est DANS l’avion et qu’on ne voit pas depuis la salle d’attente),

  • Faire des exercices de respiration : quand le stress monte, j’ai pris l’habitude de faire un exercice très simple, que j’ai appris en me mettant à la méditation. On prend une grande inspiration, puis on vide ses poumons le plus lentement possible ET le plus longtemps possible. Même quand il n’y a plus d’air qui sort, on continue à souffler. On bloque 2 à 3 secondes, et on reprend lentement une grande inspiration (on essaye d’éviter de reprendre sa respiration d’un coup, ce qui va contracter sa cage thoracique et ne pas être agréable du tout). On peut le faire tant que c’est nécessaire, jusqu’à ce que le stress ait disparu.

Derniers conseils

Grâce à ces petites astuces, je réussis de mieux en mieux à prendre l’avion ; ayant une « forte » claustrophobie, les cachets ne sont, quand même, jamais loin, mais j’ai divisé mes doses par 4 et j’espère pouvoir assurer un vol entier sans médicaments d’ici peu.

Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’une peur ne disparait pas. Elle peut s’atténuer, peut-être même s’absenter un moment. Mais à la moindre rechute, on repart de zéro. Il est donc très important de toujours anticiper ses voyages. Je ne me dis jamais « ça s’est bien passé la dernière fois, alors je fais moins d’efforts ». L’attention doit être constante pour éviter au corps d’accumuler les expériences traumatisantes. Il ne faut pas oublier que notre corps a également des souvenirs en mémoire et qu’il peut les faire resurgir à tout moment.

Enfin, je conseille, dans tous les cas, de s’essayer à la méditation. Quelques séances de 5 minutes m’ont appris à gérer ma respiration et à reprendre le contrôle de mon corps.

Il peut aussi être intéressant de se tourner vers les huiles essentielles ou l’homéopathie. Pour ma part, j’ai essayé les Fleurs de Bach « Peur » et « Urgences », en spray et à diluer dans ma bouteille d’eau. Je n’ai pas vu de miracle se produire lors de mon voyage à Lisbonne, mais c’est vrai que je me sentais légèrement plus sereine. À confirmer au prochain voyage 🙂

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6 Commentaires

  • Répondre Mélanie 21 décembre 2016 at 16 h 06 min

    J’ai pris l’avion pour la première fois il y a quelques années et à part de la peur je n’avais aucune grande angoisse. Mais là, je vais reprendre l’avion prochainement et je panique énormément… J’y pense beaucoup, j’imagine le pire des scénarios et je me rend malade. Depuis la première fois où j’ai pris l’avion, il faut dire qu’une angoisse des transports s’est installé et une anxiété dans la vie en gênéral. Merci pour ces quelques conseils, même si je doute que ça marche sur moi :/

    • Répondre Agnès 21 décembre 2016 at 16 h 12 min

      La peur en avion et la claustrophobie sont deux choses très différentes ; est-ce que tu sais ce qui te fait peur exactement ? Ça peut être différentes choses, qui se règleront donc différemment !

      • Répondre Mélanie 21 décembre 2016 at 16 h 16 min

        Ah oui je le sais très bien ! Peur que l’avion se crash, qu’un problème survient en altitude, peur de mourir… C’est vraiment horrible >< Puis pour l'aller je vais être seule, pour rejoindre mon copain qui prendra l'avion quelque heures plus tôt cause professionnelle. C'est la première fois et je panique 10 fois plus… 🙁

        • Répondre Agnès 21 décembre 2016 at 16 h 44 min

          Ah oui, la peur en avion, je t’avoue que je ne connais pas. Je pense que te trouver une « routine » pourra quand même aider, c’est l’un des systèmes les plus efficaces pour garder son calme en situation de stress. Je pense que le choix du siège aide aussi, j’aime bien être un peu à l’abri des regards par exemple (et surtout pas au-dessus des ailes !!). Est-ce que tu as essayé quelques exercices de méditation ? Ils m’ont sauvé la vie plus d’une fois.

  • Répondre Léa 21 décembre 2016 at 19 h 27 min

    Ah bah alors là.. Je ne savais pas que ça pouvait être aussi compliqué ! J’ai la chance de n’avoir aucune phobie – j’aime pas trop les choses qui rampent, mais bon, je survis..
    En tout cas c’est très courageux de ne pas laisser ta peur te dominer ! Et puis ce que tu trouves en sortant de l’avion, ça vaut quand même le coup (non ?) !

    Besos,
    Léa

    • Répondre Agnès 22 décembre 2016 at 12 h 55 min

      Et oui, c’est vraiment une plaie comme phobie… Mais clairement, arrêter de voyager n’a même jamais été envisagé :p

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