Histoires de voyageuses

Interview : Marina, 25 ans, 1 an en Australie

10 février 2017

Comme tous les vendredis, je vous propose de découvrir aujourd’hui le portrait d’une voyageuse en solitaire : Marina, qui est partie à 25 ans parcourir l’Australie dans le cadre d’un WHV (huhu mon premier PVT !).

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marina, j’ai 25 ans. Je suis née et j’ai grandi dans le 93, puis j’ai habité 5 ans à Paris. Je suis éducatrice de jeunes enfants de formation, métier que j’ai exercé pendant 3 ans.

J’ai toujours aimé les voyages : adolescente, je m’arrangeais pour travailler au maximum pendant les vacances scolaires pour pouvoir partir pendant les vacances d’été par exemple. Organiser, préparer son itinéraire, lire les guides touristiques en amont, faire sa valise et enfin partir… Sans réfléchir, 2 voyages se distinguent des autres : à 20 ans, j’ai saisi l’opportunité de faire un stage à l’étranger, je choisi Montréal au Canada. Pendant 3 petits mois, je découvre la vie merveilleuse d’expat’ et je me rend compte que c’est ce qui semble me convenir. Un peu plus tard, je pars en Croatie (en couple) avec un sac à dos pour traverser le pays en bus. 2ème claque : je découvre les joies du backpacking !

Pourquoi, quand et où es-tu partie seule ?

J’ai tout naturellement décidé de combiner mes 2 expériences précédentes pour partir en Australie, avec un Working Holiday Visa ! Ce projet est tout nouveau vu que je suis arrivée il y a presque 3 semaines… J’ai passé une année à me rendre compte que la vie « qu’il fallait » avoir ne me convenait pas totalement. J’avais un super boulot, un bel appart’, des amis et mes proches à mes côtés : « what else » me direz-vous ?! Eh bien je ne savais pas franchement quoi mais il me manquait quelque chose pour être pleinement épanouie. Voilà comment est né le projet, tout simplement.

Je n’ai jamais vraiment envisagé le côté « solo » comme un indicateur à prendre en compte, à part entière. Être célibataire à Paris ou seule à l’autre bout du monde : je trouvais que cela était un peu la même chose ! A part un bref week-end à Londres, je n’avais jamais voyagé en solo mais l’idée ne m’a jamais fait franchement peur. Pour ce qui est de l’organisation, j’ai passé 10 bons mois à essayer de tout gérer (que faire de son appart’ ? quand est-ce que je démissionne ? combien d’argent vais-je pouvoir/devoir économiser ? va falloir le passer ce permis un jour aussi…) pour que finalement rien ne se passe comme prévu ! 3 mois avant mon départ j’avais raté mon permis, je devais retrouver un job en urgence et, par conséquent, revoir tous mes plans… Bref, j’ai choisi de prendre un aller simple pour Sydney et de commencer en HelpX pour me familiariser avec le pays, la culture et la langue surtout !

Y-a-t-il eu des choses qui t’ont fait peur avant de partir ?

Le mois précédant mon départ, j’étais tellement occupé à tout organiser en terme administratif que je n’ai franchement pas eu le temps de penser à quoi que ce soit… Néanmoins, quelques semaines avant le Jour J, je me souviens avoir eu peur de l’échec : et si en fait ça ne te plait pas ? Si tu ne réussis pas à t’en sortir ? Si tu ne trouves de job ? J’en ai parlé à mes ami-e-s qui, heureusement, m’ont encouragée à fond en me disant que c’était normal. De toute façon je n’avais plus trop le choix …

Comment ont réagi tes proches à l’annonce de ton projet ?

Ma famille est forcément un peu triste, bien qu’ils me soutiennent. C’est un peu une « double peine » pour eux car ma sœur est actuellement en Australie aussi, avec son copain… Ils avaient donc déjà vécu un départ ! Disons que le mien n’a rien arrangé… Que voulez-vous, le voyage c’est une histoire de famille…

Cependant, l’Australie n’est pas une destination très « inquiétante » en soi (à part au niveau de la faune bien sûr !!) donc je n’ai pas eu besoin de les rassurer à ce sujet. Ce qui a été un peu plus dur en revanche, c’est d’expliquer que j’aimerais partir pour 3 ans… 2 ans en Australie (en renouvelant mon WHV) et 1 an en Nouvelle-Zélande ensuite. Ben oui, c’est juste à côté !

Peux-tu nous raconter un peu ton voyage ?

Je suis donc arrivée à Sydney le 1er décembre puis j’ai directement filé en HelpX à 180km de là, à Maitland. Je suis restée 11 jours au sein d’une famille pour qui j’ai fait de la peinture et du jardinage. Et, depuis 1 semaine, je suis dans la magnifique région de la Hunter Valley, connue pour ses vins. Je suis donc évidemment en HelpX au sein d’un vignoble !

Difficile de citer un souvenir ou une rencontre en particulier mais je suis en fait profondément reconnaissante envers celles et ceux que j’appelle « mes ange-gardiens de la route » ! Cela peut aller du conseil qu’un passant vous donne à la volée dans la rue, à une proposition de travail ou juste un petit bout de chemin avec des voyageurs… Merci, merci, merci à chacun d’entre-vous d’avoir été si bienveillants avec moi, merci pour les sourires et les bons moments.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton voyage en solo ?

Je pense que, pour le moment, ce qui me plait le plus est d’avoir le temps de penser à moi : ce que je veux (mais genre vraiment dans la vie hein), me remettre en question, me découvrir… Parce que non, être célib’ à Paris et seule à 17 000 km de chez soi, ce n’est pas franchement pareil ^^ Mais ça me plait !

Comme toutes celles et ceux qui voyagent seul-e-s, la rencontre avec l’autre est sans doute un excellent aspect du voyage solo ; ben oui, parce qu’on est rarement seul-e (bien que je serais plutôt du genre à cultiver le côté solo du voyage, plutôt qu’à vouloir être entouré sans cesse).

Est-ce que tu regrettes d’être partie seule ?

La seule chose que je regrette pour l’instant, c’est de ne pas être partie plus tôt ! Pour rien au monde je n’aurais aimé « partager » la préparation et le début de ce voyage pour l’instant… Aucune difficulté majeure, si ce n’est que le côté solo peut être lourd parfois : personne pour prendre le relais lorsque la fatigue se fait sentir ou que tu n’es pas sûre d’avoir bien compris, personne pour t’aider dans les démarches administratives (ouvrir son compte en banque, choisir son forfait de téléphone), personne pour t’aiguiller lorsque tu hésites… C’est le revers de la médaille, mais cela fait partie du jeu ! Car quand tu as réussi à traverser tout ça, seul-e justement, quelle fierté…

As-tu un conseil pour celles qui hésitent à partir seule ?

Pas de conseil en particulier, si ce n’est celui de franchir le pas et de prendre confiance en soi.

Le fait de prendre la décision de tout quitter est vraiment le plus dur, ensuite ce n’est que du kiff !

On se découvre des ressources insoupçonnées ! « No worries » comme disent ici les Australiens, foncez !

As-tu comme projet de repartir en solo, après ce voyage ?

Je suis actuellement en train de rédiger une « to do list » spécial voyage justement… Parmi plein d’autres projets, j’ai vraiment envie de me lancer dans l’EuroVélo 6 (3 650 km de pistes cyclables à travers l’Europe) et la randonnée du PCT (4 200 km du Mexique au Canda). 2 grands rêves que je souhaite vraiment réaliser…

As-tu un blog / une page facebook / un compte instagram sur lesquels on peut suivre tes aventures ?

Les 3 mon capitaine ! C’est une nouvelle génération de voyage 3.0… Vous pouvez lire le blog Belle est la route, retrouver les anecdotes sur la page Facebook ainsi que suivre les photos sur Instagram.

Je n’imaginais pas ça en créant le blog, mais l’impression d’avoir quelques « followers » de ci, de là, à l’autre bout du monde fait du bien lorsque l’on a eu une mauvaise journée par exemple. Je découvre avec joie une communauté virtuelle qui est souvent très réconfortante !

Merci d’avoir pris le temps de me lire, je vous souhaite de merveilleuses aventures sur la route et qui sait, peut-être à bientôt ?! 🙂

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