Thaïlande

Aller voir les éléphants à Chiang Mai

20 février 2017

Quand on entend Thaïlande, on pense de suite « éléphants ». Enfin, en tout cas, moi, c’est ce que j’entends. Alors, évidemment, quand j’ai su qu’il était possible d’aller à leur rencontre ici, je m’y suis précipitée. C’est d’ailleurs surtout ça qui nous a amenés dans le Nord du pays. Si c’est également ce que vous venez chercher, une petite mise en garde s’impose.

La réalité derrière le business des éléphants

La promenade à dos d’éléphant est l’une des attractions touristiques les plus célèbres en Asie du Sud-Est. Pourtant, partout dans le monde, il y a une chose à savoir : IL NE FAUT PAS MONTER SUR LE DOS DES ÉLÉPHANTS. Voilà. Après cette petite introduction, le pourquoi du comment :

Les éléphants ne sont pas faits pour porter des humains

En plus de l’aspect éthique évident (spoiler alert : les animaux ne sont pas sur Terre pour que l’on puisse se promener sur leur dos), d’un point de vue physiologique, le dos des éléphants ne leur permet pas de supporter le poids d’un quelconque chargement, encore moins humain. Malgré ce que certain.e.s peuvent penser, leur dos n’est pas leur partie la plus robuste, bien au contraire. Elle ne peut supporter que 150 kilos, quand la nacelle, vide, pèse déjà jusqu’à 100 kilos.

Le traitement subi par les éléphants est cruel

Sur cet aspect, d’autres blogueurs et blogueuses en parlent bien mieux que moi, alors je n’en dirais que quelques mots. Demandez-vous : comment l’une des espèces les plus intelligentes sur Terre, un animal sauvage pouvant peser jusqu’à 6 tonnes, vivant en meute et connu pour protéger ses congénères, peut-il être vu dans des villes en train de porter des touristes plusieurs heures d’affilée par jour ?

On se doute bien que la réponse est : violence, torture et maltraitance. Une photo résume très bien tout ça :

Pour plus de détails sur la capture et le dressage des éléphants, quelques liens de blog très bien écrits :

Non, les autres activités avec les éléphants ne sont pas mieux

Lors de la révélation, il y a quelques années, de ces mauvaises pratiques, beaucoup de « propriétaires » d’éléphants se sont alors tournés vers d’autres activités, tout aussi lucratives : éléphants peintres, footballeurs, spectacles de rue, mais aussi mendicité.

Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : toute activité qui nécessite, de l’animal, une action qu’il ne ferait pas à l’état sauvage, implique forcément un dressage violent. Et c’est le cas, malheureusement, pour tous les animaux (y compris les tigres dans les temples et les singes dans la rue).

Faut-il donc oublier les éléphants en Thaïlande ?

La bonne nouvelle, c’est que la réponse est non. La mauvaise, c’est qu’il existe peu d’endroits où les éléphants sont bien traités.

L’observation dans leur milieu naturel

Cette solution me fait fortement envie ; malheureusement pour moi, nous n’avons pas eu le temps d’essayer, durant notre séjour. Mais ce n’est que partie remise.

En Thaïlande, deux endroits abritent encore des éléphants sauvages :

  • Le parc national de Khao Yai ; Adeline en a fait l’expérience et le partage sur son blog Voyages etc,
  • Le parc national Kaeng Krachan : peu connu, je n’ai trouvé ni blog, ni lien à ce sujet. La dernière info remonte à 2012, j’ignore donc si le parc est toujours ouvert (et s’il y a toujours des éléphants qui y vivent).

Les centres de réhabilitation

Certains lieux permettent encore de partir à la rencontre des pachydermes, tout en les respectant. C’est le cas de quelques parcs, situé dans le Nord de la Thaïlande. Parmi les plus célèbres d’entre eux, on compte (je mets les liens TripAdvisor pour faciliter vos recherches 😄) :

Ces centres recueillent les éléphants exploités et leur permettent de couler des jours paisibles, à l’abri, avec toute la nourriture et l’eau dont ils ont besoin. Le sauvetage peut prendre plusieurs mois, car il est alors nécessaire de redonner à l’éléphant confiance en l’homme, pour pouvoir l’approcher sans être dans une relation d’obéissance et de crainte.

Certes, le prix de ces journées est élevé, mais si le côté financier vous rebute, il faut savoir que :

  • Un éléphant peut manger jusqu’à 200 kilos de nourriture par jour ; la moyenne est d’environ 120 / 150 kilos par animal,
  • Un éléphant peut boire jusqu’à 250 litres d’eau par jour ;  la moyenne est d’environ 150 / 180 litres par animal,
  • Un éléphant rejette… jusqu’à 120 kilos d’excréments. Oui, c’est important, qui c’est qui ramasse, hein ?

Bref, entre l’alimentation et l’entretien, permettre à un éléphant de prendre sa retraite coûte cher. Ces centres fonctionnent souvent uniquement grâce à la visite des touristes. Il est donc important de soutenir ces initiatives.

Ceci dit, avant de choisir le centre que vous souhaitez visiter, quelques vérifications sont à effectuer :

  • Renseignez-vous sur les expériences proposées : le centre offre des promenades à dos d’éléphant ? FUYEZ !
  • Regardez les photos sur leur site ou leur page facebook : dans les centres dignes de ce nom, personne ne monte sur le dos des éléphants, pas même leur soigneur.
  • Lisez les avis et les commentaires sur internet : les éléphants ont-ils l’air bien traités ? Des personnes ont-elles aperçu des formes de maltraitance ?

Notre (demi-)journée avec les éléphants

De notre côté, nous avions choisi une demi-journée à l’Elephant Jungle Sanctuary, et nous avons été plus que séduits :

  • Personne ne monte sur les éléphants, pas même les mahouts,
  • Les éléphants se déplacent où ils le souhaitent ; l’un d’entre eux ne souhaitait pas se baigner quand nous sommes allés vers la rivière, et un mahout est resté avec lui sur le coté en attendant,
  • Les bébés ne sont pas montrés au public : l’un des soigneurs m’a dit qu’une femelle avait mis bas 6 mois plus tôt, mais qu’elle restait à l’écart des visiteurs, avec son petit, tant qu’ils considéraient que le bébé était trop jeune. Nous avons pu voir un autre éléphanteau, mais bien plus vieux (il faisait quasiment ma taille, je crois de mémoire qu’il allait sur ses deux ans – oui, ils sont bébés longtemps).

Et, pour le plaisir, quelques photos de notre journée au milieu de ces incroyables animaux.

L’arrivée, magique, des éléphants.

Et la course poursuite, quelques minutes plus tard, avec l’éléphanteau qui avait finalement décidé de partir 😀

Pour celles et ceux qui se demanderaient : l’outil visible au dos du mahout ne sert pas contre les éléphants, mais pour couper les tiges de bananes qu’ils mangent. Ils s’en servent aussi pour couper les grandes herbes sur le chemin.

J’ai demandé autour de moi, sur le retour, et personne n’a vu cet outil être utilisé contre les animaux. Plutôt une bonne nouvelle !

Si vous vous demandez : ça ressemble à du pneu poilu. Voilà.

CALIN D’ELEPHANTS !

En pratique

L’Elephant Jungle Sanctuary est ouvert tous les jours et propose des excursions à la journée ou à la demi-journée (en janvier 2016, le prix pour une demi-journée, comprenant le repas, était de 1 700 B / personne, soit environ 43 €).

Lors de la réservation, vous indiquez l’hôtel dans lequel vous logez et un songtaew vient vous chercher ; attention, le trajet est plutôt long, et le véhicule est ouvert, il vaut mieux prévoir une veste.

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